Indissociable d’un grand nombre d’endroits en Amérique du Sud (et ailleurs !), le Mal Aigu des Montagnes nous touche pratiquement tous. Voici quelques conseils pour l’appréhender, le soigner et vivre son séjour en montagne en sécurité (on dirait que je fais une campagne gouvernementale…).

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Le corps, cette petite merveille de technologie

Plus on monte en altitude, moins la pression atmosphérique est élevée. Il y a toujours autant d’oxygène, contrairement à une idée reçue, c’est juste que l’air est moins dense, donc qu’à chaque fois que vous inspirez, moins de molécules d’oxygène arrivent dans le sang.
Pour gérer ça, le corps est obligé d’hyperventiler (tu respires plus vite) et donc d’augmenter le rythme cardiaque.

Puis, au bout d’un certain temps, il accroit aussi sa fabrication de globules rouges, pour transmettre plus vite l’oxygène dans les muscles (voilà pourquoi pas mal de sportifs font des séjours en altitude pour être plus performant en redescendant. Hé oui, ces sales tricheurs !).

Le Mal Aigu des Montagnes, keskessé ?

Le MAM, c’est l’ensemble des symptômes inévitables et plus ou moins graves qui touchent notre corps lorsque nous montons en altitude, en général à partir de 3000 m.

Ces symptômes apparaissent en général entre 6 à 12h après être arrivés là où vous vous arrêtez : c’est pourquoi si vous ne restez que peu de temps en haute altitude, aucun risque pour vous, no stress !

En général les premiers symptômes arrivent le soir ou la nuit après votre arrivée au premier palier, là où vous allez vous arrêter.

Maintenant, place aux symptômes, la partie la plus sympa & fun de cet article :

http://declic-et-des-claques.com/wp-content/uploads/2017/03/tumblr_mhqsmiSm341rknrf9o1_500.gifNon. Déso.

Symptômes et traitements

STADE 1 : C’est la forme la plus inévitable.

– Maux de tête
– Fatigue.

→ Que faire : prendre un antalgique simple, type paracétamol ou aspirine. Se reposer. Beaucoup boire (pas d’eau gazeuse).
→ Et ensuite : monter progressivement en altitude. C’est-à-dire qu’il faut laisser le corps s’acclimater et ne pas dépasser 400 m de dénivelé entre 2 nuits.

STADE 2 : Fréquent et chiant. Vous avez le droit de vous plaindre.

– Maux de tête résistants aux antalgiques
– Troubles digestifs (nausées, vomissements)
– Apnée du sommeil (ça j’ai fait 2,3 fois et c’est vraiment flippant à souhait)
– Essoufflement lorsque vous marchez ou faites un effort (même petit, on ne parle pas ici d’un marathon hein)
– Gonflement du visage et des mains.

→ Que faire : continuer les antalgiques et se reposer 1 ou 2 jours à la même altitude. Beaucoup boire (pas d’eau gazeuse).
→ Et ensuite : si les signes ne passent pas au bout de 2 jours, redescendre en altitude.

STADE 3 : si en plus des autres signes, vous avez :

– Difficultés respiratoires au repos,
– Troubles neurologiques (troubles de l’équilibre ou de la parole, confusion, signes d’ébriété -alors que vous n’avez rien bu, petits malins !-)

→ Que faire : descente rapide impérative et surveillance, surtout la nuit !
→ Et ensuite : dans ce genre de cas, il y a un risque d’œdème pulmonaire ou cérébral (et donc la mort, je ne vous fais pas un dessin) les troubles ne sont donc pas à prendre à la légère !
Après être redescendu VITE en altitude (lentement mais rapidement, ce qui ne veut rien dire mais vous avez compris où je voulais en venir), rendez-vous dans une pharmacie et demandez un caisson hyperbare, ou un suivi médicalisé avec une bouteille d’oxygène.

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On se rassure !

Si vous montez progressivement, par paliers, les risques graves sont très rares ! De plus, apparemment seulement 2 % des personnes atteintes du MAM seraient touchées par les embolies.
2 % c’est pas beaucoup 😉
De plus, la plupart des symptômes du MAM disparaissent au bout de 2, 3 jours d’acclimatation. C’est pourquoi les paliers sont importants à respecter.
De plus, toutes les personnes ne souffrent pas des symptômes avec la même intensité. Avec un peu de chance, vous aurez juste un petit mal de crâne (grand fou !) !

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Je suis en train d’écrire cet article présentement à Arequipa, au Pérou, à 2335 m d’altitude, ben je suis en train d’avoir mal à la tête et de stresser toute seule en lisant les sites web du MAM en me disant que peut-être je vais moi aussi faire un œdème cérébral.

Comment je gère les symptômes ?

Reposez-vous la journée suivant votre arrivée en haute altitude.
Buvez beaucoup d’eau (pas gazeuse) parce qu’être en haut déshydrate.
Écoutez votre corps ! (ça fait un peu hippy des bois mais c’est vrai)
Si vous vous sentez mal, fatigué, ou que sais-je : reposez-vous ! Rien ne presse !
Et si ça ne va vraiment pas, avertissez quelqu’un (votre hôtel, votre partenaire, votre maman, mais pas vos potes sur Facebook, ils s’en fichent ils sont loin) et rejoignez une pharmacie qui saura vous aiguiller vers le centre médical le plus proche capable de gérer ce type de problèmes.
Ne cherchez pas à marcher vite, à faire d’efforts : vous ne pouvez physiologiquement pas, vous n’êtes pas un lama, alors prenez votre temps !
Passez au moins 2 nuits à la même altitude. Remontez pour la 3e nuit. Puis repassez 2 nuits à cette altitude là. Etc.
Pas de cigarettes, d’alcools, de drogues, de somnifères etc., mais c’est valable tout le temps 😉

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Une montée graduelle

Les médecins préconisent une montée de 300 à 500 m par jour au-delà de 3000 m d’altitude. Rajoutez à cela une journée de repos à chaque 1000 m grimpé.

Exemple : je passe de 3000 à 3500 m. Je dors à 3500 m.
Le lendemain je grimpe jusqu’à 4000. Je dors à 4000 m, et la journée qui suit je me repose, je ne monte pas plus.
Le surlendemain je peux de nouveau monter jusqu’à 4500 m.

Sachez qu’un médicament sur ordonnance existe si vous comptez faire un séjour en altitude : le Diamox.
Il peut atténuer les symptômes du MAM en améliorant la ventilation, mais en aucun cas ne permet d’échapper à la règle des paliers.
Renseignez-vous auprès de votre médecin ou d’une clinique des voyageurs avant de partir.

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9 Comments

  1. un curieux

    C’est très utile ! Merci pour cet article 🙂

  2. De plus en plus je me rends compte que je suis bénie de ne pas du tout en ressentir les effets. Bon on avait suivi une des recommandations de monter progressivement mais même après 5000m je pétais la forme !

    • Waouh ! Tu as un corps conçu pour l’altitude alors :p En tout cas c’est chouette que tout se soit bien passé pour toi, parce que c’est pénible quand ça t’arrive le MAM, ça nous a empêché de faire pas mal de trucs, je trouve.
      EN tout cas si tu as dépassé 5000m, chapeau ! Tu es une vraie hikeuse 😀

  3. Autre point tant redouté ! Ce fameux Mal des Montagnes…. Verdict dans 3 semaines !

  4. Merci pour cet article ! As tu testé les feuilles de coca pour gérer l\’altitude ?

    • Hello ! Nous les avons testées dans des tisanes mais franchement nous n’avons pas senti un quelconque effet…!

  5. Et ben moi je suis en plein MAM et c’est vraiment bien chiant!!!

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