Cette fois je vous embarque dans un double article : une partie dédiée à notre escapade touristique au volcan Bromo, et une autre consacrée au Kawah Ijen et aux travailleurs du soufre.

java map

Kawah Ijen

Le tour opérateur du touriste fainéant

Départ de la guesthouse à minuit 30, peu de gens viennent vraiment au Catimore de leur plein grès, ou simplement pour « visiter les environs ». Cette guesthouse immense aux chambres mal éclairées par des néons blafards d’hôpital et aux draps à peine lavés n’a pas vraiment de quoi attirer le chaland.

Cet endroit, nous ne l’avons pas vraiment choisi.
Cédant pour la première fois depuis 7 mois de voyage à la facilité et à la paresse, nous avons booké un tour organisé dans notre hôtel proposant un combiné « transport + volcan Bromo + transport + volcan Kawah Ijen + bateau jusqu’à Bali. »

Le tour classique.
Celui du touriste débarqué fraîchement à Jakarta, partant faire une petite halte de 2, 3 jours à Yogyakarta avant de gravir les 2 volcans puis de prendre la mer pour Bali où il terminera ses vacances doucement au bord de la plage avec une noix de coco dans la main.

Embarquement le matin dans un mini bus équipé d’une clim, en compagnie d’une espagnole, d’un chinois transparent et d’un couple de français, les 12h de transport chaotique nous séparant de notre première étape, le Bromo, s’est déroulé rapidement puisque nous avons pu discuter tout le trajet (quelle belle invention que la langue anglaise, n’est ce pas ?).

Bromo

Le Bromo

Petit aparté sur le volcan Bromo (lui aussi toujours actif. Décidément la terre se barre en sucette en Indonésie) : le tour Bromo de base consiste à se faire trimballer dans une jeep au milieu de la poussière omniprésente jusqu’à un point de vue afin d’admirer le lever du soleil (ou pas, si vous avez pas de bol et que les nuages masquent l’arrivée du soleil).

Là c’est chacun pour soi et Dieu pour tous, il va falloir pousser tout le monde pour se positionner au plus près des barrières afin d’avoir le meilleur angle de vue possible, sinon c’est foutu, vous n’avez plus qu’à attendre qu’une place se libère pour vous y incruster.
Dépêchez-vous donc de grimper sur la rambarde et d’attendre patiemment que la lumière se fasse, sinon c’est quelqu’un d’autre (un chinois, sans doute) qui prendra votre place.

BromoDes gens sont visiblement venus camper là pour la nuit.

Après avoir fait 50 photos du volcan et pris quelques coups de coude, il vous faudra rejoindre votre jeep afin cette fois d’aller grimper le Bromo jusqu’au cratère.
Ainsi commence une sympathique chasse aux trésors, ou plutôt le jeu du Où est Charlie, puisqu’il faut retrouver sa jeep au milieu des 30 autres qui ont toutes la même tête.
Si vous êtes quelqu’un d’organisé, vous aurez pris soin bien sûr de noter dans un coin de votre tête le numéro de votre véhicule.
Une fois la jeep retrouvée, il vous faudra attendre les autres membres de votre groupe, qui eux n’ont sans doute pas noté le numéro et qui sont actuellement en train de pleurer dans la poussière en faisant le tour du chemin.
Vous avez le droit de râler (mais n’ouvrez pas trop la bouche, pour la poussière, souvenez-vous).

Bromo

Arrivés sur le « parvis » du Bromo, le décor ressemble à un paysage de western : hommes chevauchant à cru leurs chevaux galopant dans la poussière et jeeps sales garées sur le sable. Mais c’est loupé, y a toujours les chinois.

La montée est facile, avec un grand escalier au bout qui vous emmène au sommet du cratère où il faudra vous équiper d’un foulard de fortune tant l’odeur d’œuf pourri est omniprésente et dérangeante.
On se croirait dans un pique-nique au soleil en compagnie d’une salade d’œufs-crudités qui serait restée un peu trop longtemps sous le cagnard pendant que vous descendiez le rosé.

Verdict 

Paysages lunaires gris et sableux, odeur tenace et poussière, la grimpette du Bromo vaut bien le détour.
Vous pouvez en plus marcher autour du cratère sur un chemin minuscule sur tout le col (on n’a pas osé, ça avait quand même l’air foutrement dangereux).

 

Le Kawah Ijen

culture confiture

• Le Kawah Ijen, c’est quoi, c’est où ?

Le Kawah Ijen est un volcan actif de type explosif (= peu de coulées de lave, mais des explosions libérant de grosses quantités de cendres volcaniques dans l’air) et situé à la pointe est de l’île de Java, en Indonésie.
Son cratère abrite un lac acide couleur turquoise réputé pour être le lac le plus acide du monde (on n’est pas allés vérifier, hein), et il se dégage des fumerolles de soufre qui se durcissent au contact de l’air et qui sont ensuite extraites pour être vendues dans le monde.

Kawah IjenLe lac acide : 50 nuances de bleu.

Ce volcan est aussi connu pour ses « blue fire », les fumées bleues que l’on peut voir uniquement de nuit : le soufre qui sort du cratère à l’état gazeux s’enflamme et produit ses flammes bleues.
En se refroidissant, il passe à l’état liquide puis se cristallise en formant des grosses plaques jaunes à oranges.

Kawah IjenÀ gauche on aperçoit les tuyaux de fortune d’où s’échappent les fumerolles qui deviennent bleues au contact de l’air. En bas à gauche, des morceaux de souffre solidifié.

• Ça sert à quoi le soufre ?

Le soufre est extrait par les travailleurs du soufre (on en reparlera plus tard) à l’aide de gros pics, puis chargés dans des paniers (environ 70, 80 kg par chargement) direction la pesée.
Ce soufre est exporté parce qu’il sert dans sa majeure partie aux cosmétiques, mais aussi pour les engrais, insecticide, etc.

Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu

Le Kawah Ijen, c’était notre deuxième jour de tour.
Directement après le Bromo, un petit dej enfilé, nous revoilà partis dans un mini bus dont même une casse ne voudrait pas. Pas de clim, les dossiers des sièges qui ne tenaient même pas, une couche de crasse sur à peu près toutes les surfaces disponibles de l’habitacle ; bref, on se demandait comment à ce stade de décomposition il pouvait encore rouler. Pour le chauffeur, ça ne faisait par contre aucun doute.

Arrivés dans la guesthouse de Catimore dont je vous parlais plus haut en fin d’après-midi, elle était déjà remplie d’une foule de touristes venus des quatre coins du monde et qui s’agglutinaient dans le patio en espérant capter un semblant de wifi.

Déjà ça commençait à monter dans les tons parce que l’espagnole Magda qui était avec nous n’avait pas eu de chambres privative et devait partager la sienne avec le Chinois transparent à la bouche muselée.
Et quand ça crie, une espagnole, ça crie.

Le Chinois, lui, tout aussi désemparé devant la situation et n’ayant sans doute pas non plus envie de partager ses draps avec une inconnue, n’en menait pas large non plus.

C’était vraiment le bordel, au Catimore.

Heureusement, on avait de l’eau chaude dans la douche (un luxe).

Couchée à 19h, levée à minuit après la courte nuit précédente où nous nous étions levés à 4h pour aller voir le lever de soleil sur le Bromo, je peux vous dire qu’assis dans le mini-van avec notre doudoune et nos cernes on n’en menait pas large.

L’avantage en étant venus aussi tôt (à la base pour pouvoir voir les blue fires, qui ne sont visibles que lorsqu’il fait noir), c’est qu’on a pu éviter les hordes de touristes qui viennent en plein jour.

Au départ du parking, peu de courageux.

Notre mini-bus n’était rempli que par nous deux, le Français Romain qui était avec nous au départ de Yogya et le Chinois muet. Les autres ayant renoncé aux blue fires au profit de leur sommeil.
Un guide nous est attribué, on distingue à peine son visage dans le noir. On nous distribue des masques à gaz sortis de Tchernobyl au plastique élimé, on nous explique deux, trois consignes de sécurité.

Et c’est parti.

Kawah Ijen

La montée n’est pas chose aisée.

Avec l’altitude et l’obscurité, la fatigue et la pente, je peine à conserver mon souffle.
Sur le chemin nous faisons une halte à la première cabane que l’on voit : ancienne cabane de pesée reconvertie en plateforme à touristes devant le flot de plus en plus important de monde venus faire cette ascension, et qui sert dorénavant de lieu de pause et de vente de boissons chaudes avant de partir pour la deuxième moitié du parcours.
Vite envahie, on se retrouve assis par terre pour boire une gorgée d’eau avant de repartir.

On se retrouve plus facilement en haut une fois la cabane dépassée, et c’est là que les choses se compliquent.
Devant nous un panneau de bois complètement pourri se tient devant le lac acide, au sommet du cratère, et informe en anglais les touristes du danger de poursuivre leur chemin en direction du fond du cratère.

Que dis-je, il ne nous informe pas, il nous l’interdit.

Notre guide nous suggère de mettre nos masques à gaz, et de bien rester derrière lui pendant que nous nous engageons maintenant dans les éboulis, sans aucun chemin, qui descendent dans les gorges de l’enfer.

Le panneau d’interdiction ? Quel panneau ?

Kawah IjenAdmirez mes cernes.

La descente est compliquée.

On n’y voit rien, il faut escalader les cailloux sans vraiment savoir où l’on met les pieds malgré la frontale, il faut se reculer pour laisser passer les travailleurs du souffre, et on est sans cesse envahi par des nappes de fumées acides qui se déplacent au grès du vent et qui malgré le masque vous brûlent la gorge et vous piquent les yeux.

Notre guide me tient la main, m’aide à descendre, me montre où poser mes pieds, moi qui n’ai pas de lampe torche.
Mais ç’en est trop pour moi. J’abandonne notre petit groupe à quelques mètres de la fin et je remonte à toute vitesse retrouver un peu d’oxygène.

Pendant ce temps là, Steven, dans l’antre du diable, mitraille de photos le paysage lunaire pendant que la lumière se fait progressivement sur le Ijen, révélant petit à petit un décor à couper le souffle.

Kawah Ijen

Tintin au Congo

Seule, tout en haut, assise sur un rocher, luttant contre le vent, j’observe le ballet des travailleurs du soufre qui montent et qui descendent dans le cratère, les épaules chargées ou dénudées.

Et je regarde les autres.

Chaussures de randonnée, masques à gaz, bonnets et vêtements chauds, une main tenant la perche à selfie et l’autre le pouce en l’air, les selfies vont bon train.
Indifférents à ce qui se trame devant eux, les Autres sont occupés à choisir le meilleur angle pour leur prise de vue, et certains s’empressent d’ailleurs directement de la poser sur Instagram ou sur Facebook.

Hashtag #KawahIjen #I Did It #sulphur.

La montée du volcan a pour beaucoup cet attrait de l’expérience incontournable à faire qui relève de l’exploit, du rite de passage pour tous ceux qui veulent se frotter un peu à l’enfer, mais pas trop.
Présentés par tous comme « une expérience humaine » où l’on voit tous ces gens « tellement pauvres », à la vie « tellement difficile », il est terriblement gênant d’assister à ces scènes de vie où les touristes bien au chaud côtoient une misère humaine peu descriptible.

« Viens, on va aller voir des gens aux conditions de vie extrêmes, ça va nous faire du bien de voir ça ! »

Tout en haut du cratère, c’est Tintin au Congo.

Et que je te prends le travailleur en photo, en échange d’un sourire, parfois de quelques pièces quand le touriste comprend le sous-entendu qui se cache derrière quelques dents rigolardes.
Et que je m’amuse à soulever ton panier, pour voir si c’est si lourd que ça.
Et que je te gêne en me mettant devant ta trajectoire, t’obligeant à faire quelques pas supplémentaires difficiles pour me contourner.

Emplie d’un profond malaise qui ne me quittera pas, j’ai la nette impression d’être au Futuroscope, dans un décor de science fiction, où des acteurs sont mis en scène dans leur tenue d’époque et leurs méthodes de travail ancestrale afin de ravir le client qui en a vraiment pour son argent.

Voire même, au zoo devant la cage aux singes.

Malheureusement rien est mis en scène. Le travailleur du soufre ne retourne pas chez lui le soir dans son hôtel avec piscine à débordement et room service pour aller poster un statut facebook décrivant à quel point c’était difficile le Kawah Ijen et à quel point ces gens là sont vaillants.

Kawah Ijen

J’ai la désagréable impression de participer à la mascarade à laquelle se livrent les Autres.
À être complice. À admirer « les pauvres » travailler. Pendant que j’attends là avec mon appareil photo et mes kilos de gras que ces hommes frêles et silencieux accomplissent leur tâche quotidienne.

« Oui je suis venue jusqu’ici, j’en ai parlé autour de moi, et alors ? Et alors ? Il se passe quoi maintenant ? »

Pendant que j’attends que Steven remonte pour me raconter l’Enfer-d’en-bas, un des travailleurs du soufre se pose quelques minutes à côté de moi. Il parle un peu anglais, on discute.

Il me dit son prénom, et je l’oublie. Je regarde son visage, ses contours, et je les oublie. J’observe ses vêtements, sa coiffure, ses tongs. Et je les oublie.

Par contre, notre discussion, ça je m’en souviens très bien.

Ce boulot, ça fait 20 ans qu’il le fait. Comme son père, et comme son grand-père avant lui.
Il me dit qu’il est au service de nuit aujourd’hui, qu’il a bientôt terminé sa journée. Il y a un roulement. Par contre, c’est chacun pour soi : on monte son chargement de soufre jusqu’au point de pesée (sur le parking maintenant), personne ne prend le relais pour s’aider.

Il me dit qu’il a vu Nicolas Hulot. Il ne sait plus quand, mais c’était il y a quelques années. Arrivés tout en haut avec son équipe en hélicoptère.
Il a même fait une photo avec lui, et de ça, il en est très fier.
Et là il se met à chantonner, à fredonner Frère Jacques dont il se souvient un peu des paroles. Il rit : c’est Nicolas Hulot qui me l’a apprise !
Je chante avec lui. Je lui demande la version indonésienne, la comptine qu’il chante à ses enfants pour les endormir. Il me l’apprend, nous chantonnons ensemble. Il sourit beaucoup, comme tous les indonésiens d’ailleurs, que jamais rien ne semble atteindre, qu’aucune épreuve ne semble démonter.

Et là il me montre ses épaules. Son dos. Les grosses boursoufflures qu’il a, à cause des paniers qu’il porte chaque jour. Il rigole, n’en semble pas inquiet, il dit que ça va. Et chante encore.

« Qu’est ce que tu as dans ton sac là ? »

Ce sont des petites figurines de soufre que les travailleurs font à la main à l’aide de moules et qu’ils vendent ensuite aux touristes de passage afin d’avoir un peu plus de sous. Ils se font d’ailleurs bien plus d’argent avec ça que le salaire qu’ils touchent chaque jour avec leur chargement de soufre.
Petites tortues, papillons, têtes de chat et reproduction miniature des paniers de bambou avec de minuscules morceaux de soufre dedans.
C’est grossier, pas très joli, mais ça vous bousille le cœur et vous colle une boule au ventre qui ne vous quitte plus.

« Tiens, je t’en prends deux ! Elles sont jolies tes figurines, tu m’expliques comment tu les fais ? »

Il n’a pas de masque à gaz. Il n’en porte jamais. Je lui tends le mien, je lui dis qu’il peut le prendre s’il veut, mais il refuse : « on nous en a donnés, mais on ne s’en sert pas. Ça nous gêne plus qu’autre chose. En général je ne porte rien, ou alors un simple foulard, c’est plus pratique pour travailler. »

Kawah Ijen

Au retour de Steven, c’est la distribution de pièces.
On ne sait pas quoi faire, on a les bras ballants, alors on distribue nos pièces et quelques billets aux travailleurs du souffre que l’on croise.
Leurs « Ohhh !! » stupéfaits et leur main tendue devant notre geste nous broient les os, nous liquéfient sur place.

Kawah Ijen

Autour de nous, le paysage illuminé a changé et est d’une beauté à couper le souffle (j’ai pas osé tenter la blague « couper le soufre »…).
Les travailleurs de la nuit ont fini leur journée et se sont assis sur le panier pour manger un morceau, emballé dans des poches de kraft. Certains sont occupés à vider leurs paniers pour déposer ensuite les plaques dans des grands sacs blancs style sacs de ciments.

La vie poursuit sa vie, si je puis dire.

Les Autres sont partis, remplacés par d’autres Autres, essoufflés d’être enfin arrivés au sommet, ébahis par le paysage, arrivant avec leurs gros sabots dans un enfer magnifique à ciel ouvert, sans aucune idée de l’agitation nocturne qui se tramait ici même quelques heures auparavant, pendant que j’étais assise sur mon rocher à observer les pauvres rester pauvres et les riches parler d’eux-mêmes.

Kawah Ijen

Pour aller plus loin…

Voici la galerie de toutes les photos prises sur place, à l’intérieur du cratère et au sommet du volcan, de nuit comme au petit jour.
Cliquez dessus pour afficher la live-box et les voir en grand, ça vaut quand même la peine.

Les travailleurs du souffre touchent en moyenne deux fois le salaire moyen, soit environ 8 € par jour (source : arte). Ils touchent 0,05 centimes d’euros le kilo.

C’est une compagnie chinoise privée (encore et toujours eux) qui détient la mine de soufre depuis 1968 et qui est donc le patron de tous les travailleurs.

Leur espérance de vie est de 50 ans, à cause des vapeurs toxiques de soufre qui causent des troubles neurologiques, des lésions oculaires et des problèmes pneumologiques. Leur dos et leurs épaules sont aussi couvertes d’hématomes et de furoncles indélébiles à force de soulever les grosses plaques de soufre.

Les charges sont charriées dans deux paniers maintenus entre eux par une tige en bois souple qui leur permet de faire balancier lorsqu’ils marchent et ainsi d’apaiser la charge sur leurs épaules.

Kawah Ijen

Et maintenant qu’on sait, on fait quoi ?

La première chose qu’on se demande lorsque l’on fait le Kawah Ijen, c’est POURQUOI continuent-ils à travailler dans des conditions aussi ancestrales ? Pourquoi personne ne fait rien ? Pourquoi l’on ne construit pas un monte-charge avec des poulies, ou un petit train minier ?

J’y ai beaucoup pensé, en me disant qu’il serait bien de monter un dossier auprès de la Française des Jeux qui cherchaient au mois de novembre 2016 à financer des projets « altruistes » afin de mobiliser des gens pour construire une poulie ou quelque chose dans ce goût là.

J’ai donc cherché sur Internet, et sur le site d’Arte, ils expliquaient qu’il y avait eu un projet d’installation de monte-charges mais qu’il avait été enterré sous prétexte que ça allait défigurer le paysage classé « parc naturel » (par contre, défigurer les êtres humains, c’est moins grave).
L’article disait aussi que des rumeurs laissaient entendre que c’était les patrons chinois qui bloquaient l’amélioration des conditions de travail par désintérêt, ou bien que c’était totalement volontaire en vue d’accroitre le tourisme.

Bref, je fais appel à nos lecteurs sur cette question.

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10 Comments

  1. Je voulais juste savoir par l’intermédiaire de quelle agence ou site internet tu avais booké pour ce tour ? je suis actuellement en australie et j’y vais dans pas longtemps 🙂
    merciii

    • Hello Laura ! Pour le Kawah Ijen, on a booké de Yogyakarta directement ! C’était à l’agence qui se trouve dans notre hôtel, le Agung Inn (rue Prawirotaman). Si tu y vas, demande à parler à Sutardi, c’est un copain à nous indonésien qui bosse dans cet hôtel, peut-être qu’ils pourront te faire un prix si tu dis que tu es une amie 🙂 (#onsaitjamais)

  2. Salut Pia ! Il se trouve que mon cheri et moi sommes alles au Kawah Ijen dans la nuit du 22 au 23 janvier. Toute tes considerations a propos des travailleurs du soufre me touche beaucoup, car j ai mene la meme reflexion et ressenti le mele malaise face a cette misere et soufre-ance humaine qui n a d egale que la beaute du paysage. Merci pour ce partage intense qui rend toujours plus aigue cette conscience des injustices qui existent en ce monde, avec la question lancinante « que puis je faire, moi, a mon echelle? » Bonne suite de voyage a Bali, ou nous sommes nous aussi 🙂

    • Bonjour Adele, je suis soulagée de voir que d’autres personnes puissent ressentie cette même souffrance et empathie face à ce « spectacle » pendant lequel nous sommes totalement impuissants…
      Bon voyage à Bali, nous n’y sommes plus depuis bien longtemps, notre tour du monde s’est terminé au mois de mai 🙂

  3. Christophe

    Bonjour Pia et Steven,

    Cherchant des infos sur Nusa Penida où je vais dans 2 semaines, j’ai découvert votre site très agréable et en particulier vos reportages sur Nusa Penida et le Kawah Ijen.

    Concernant ce dernier, je partage totalement votre analyse, y étant allé 2 fois .
    La première fois était en 2009 avec une arrivée dans la matinée. Aucun touriste, un très bon contact avec les porteurs, aidé par notre guide considéré comme un des meilleurs connaisseurs de l’Indonésie. Un excellent souvenir !!!
    La deuxième fois, c’était en 2015 avec une arrivée pour le lever de soleil. Et là, comme vous, j’ai vécu l’enfer. Je ne referai pas le descriptif que vous avez très bien fait (la foule du métro parisien à l’heure de pointe, le manque de respect d’un certain nombre de touristes … L’effet « Blue flames », déclenché par un reportage qui a beaucoup fait parler du Kawah Ijen, n’a pas eu que du bon, c’est le moins que l’on puisse dire. Heureusement que les indonésiens sont toujours fidèles à eux-mêmes et sont toujours aussi accueillant et tolérants.

    Je vous souhaite encore beaucoup de beaux voyages

  4. Hello

    Je suis entièrement d’accord avec le.recit de ton expérience…mais juste une question: pourquoi avoir choisi l’Indonésie comme voyage?! Réellement, la misère te semble moins visible sur une plage paradisiaque de l’est de l’archipel que sur le Ijen?! Parce que concrètement ce sentiment tu devrais l’avoir eu tout au long de ton voyage… Et quand en tant qu’occidental tu traverses l’Indonésie, tu dois avoir conscience que plus de 90% des gens vivent avec une insuffisance de moyens (financier ou autres) Oui l’Indonésie fait partie de la longue liste de pays du tourisme de la pauvreté… Mais difficile de cracher dans la.soupe quand on a sois même choisi le menu… désolée pour ce commentaire un peu amer, mais bien souvent les voyages, la beauté des rencontres et des paysages nous font oublier que le problème ce n’est pas la manne touristique, mais bien la volonté de participer à cette manne..même malgré soi…

    • Hello Ana, ce sentiment nous l’avons aussi eu tout au long de notre voyage, que ce soit en Asie ou en Amérique du Sud. Seulement nous n’avons pas souhaité l’exprimer sur tous nos articles parce que ce n’est pas le but de notre blog. Cet article est à part puisqu’il s’agit d’un récit d’expérience et des sentiments que nous avons éprouvés lors de l’ascension. Et en aucun cas nous ne crachons dans la soupe, être témoin d’une misère n’est pas un jugement de valeurs mais un constat factuel. Et en participant à cette « manne touristique » comme tu le dis, permet aussi d’aider le pays, que ce soit en participant à l’économie du pays qu’en témoignant. Et nous avons fait les deux 🙂

  5. Charles.N

    Je suis actuellement en vacances en Indonésie. J’ai donc pu expérimenté ce fameux volcan. Je partage votre point de vue, d’autant plus que j’ai pu expérimenté le changement de vent qui vous fait prendre le nuage toxique en pleine face (le masque est quasiment inutile, alors sans j’imagine même pas !) Niveau pauvreté, j’ai été bien plus choqué quand mon train a approché Jakarta ! Manille m’avait déjà bien marqué, mais là c’était extrême ! Merci pour le témoignage en tout cas.

  6. Merci beaucoup pour tous ces renseignements et de partager tes expériences.
    Deuxièmement, bravo pour avoir pris le temps de parler des travailleurs, raconter tes échanges avec ce monsieur. Je suis d’accord avec tout ce que tu as dis, et je m’identifies bien à la situation que tu as vécue, je me serais probablement assise et observerais le train train des travailleurs en réfléchissant aux conditions de travail difficiles qu’ils ont. Quand tu as parlé des touristes qui veulent prendre des photos tout souriants avec, cela m’a fait réfléchir aux personnes qui font des photos au mémorial du 11 septembre à New York grand sourire… Maintenant on vit l’expérience du « je dois poster tout poster, sinon ça vaut pas la peine » ou alors « je filme et je vais pleins de photos à chaque instant pour mon instagram » et souvent le moment présent n’est pas vécu à fond. Donc merci encore une fois, ce fut un plaisir de lire cette page 🙂

    • Hello Diana ! Merci pour ton retour, et je suis contente que cet article t’ai fait t’interroger, te remémorer. Effectivement, on est dans cette culture du « je dois dire et montrer tout ce que je fais », et j’en fais moi-même partie… Les humains et leurs contradictions…! 😉

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