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Récit d’un cauchemar

Uyuni

3h du matin.

Personne ne dort, ou plutôt, tout le monde fait semblant, ne troublant le silence nocturne que par quelques bruits de couvertures tournées et retournées, luttant contre le froid en essayant de ne faire dépasser des draps que le minimum de peau nue.

Nous sommes en Bolivie, quelque part dans un trou perdu au nom inconnu, à 4400 m d’altitude. Nous, notre groupe de 6 personnes allongées dans notre dortoir, ainsi que la vingtaine d’autres touristes eux aussi dormant dans leur chambre de 6 lits chacune, dans cet hôtel-refuge où nous faisons halte pendant notre trek de 3 jours dans le désert d’Atacama et le Sud Lipez.

Parmi les autres personnes qui partagent ma chambre, il y a Steven, bien entendu, couché non loin de moi et soufflant bruyamment depuis quelques heures déjà ; deux Françaises d’une vingtaine d’années, Marie et Juliette, en échange universitaire à Santiago pour 6 mois et venues passer quelques jours de vacances en Bolivie. Les deux dernières personnes, dormant elles à poings fermés, sont deux Chiliennes probablement en couple, ne parlant qu’espagnol, mais d’agréable compagnie pour le peu de mots que nous arrivons à échanger ensemble (il faut dire que parler en rajoutant des o et des a aux mots français finit vite par ressembler à un charabia auquel personne ne comprend rien).

3h30 du matin.

Cela fait déjà depuis 21h que je lutte pour trouver le sommeil.
Le dîner enfilé, ils nous ont envoyés au lit à 20h30, et ont éteint les fusibles à 21h, nous privant de lumière, comme si on avait l’âge d’aller au lit à cette heure-ci. Et bien curieusement, après la première journée que nous venions de nous taper dans le désert, parfois jusqu’à 5000 m d’altitude, dans le froid et la poussière, je peux vous dire qu’on avait vraiment l’âge de s’endormir à 21h. Complètement crevé, qu’on était.

Que ceux qui n’ont jamais connu le Mal des Montagnes essaient de s’imaginer un peu l’ambiance qui régnait dans le refuge : à la chaîne (bon, j’exagère un peu), les gens se levaient pour aller vomir dans les 2 uniques toilettes pour l’ensemble des locataires, ou pour prendre un cachet de paracétamol.

C’était fun, ambiance gueule de bois mais sans la partie sympa qui précède.

Pour ma part, curieusement ça allait plutôt bien. En me couchant une migraine était finalement arrivée, mais au bout d’une heure, en rallongeant ma respiration, elle avait décidé qu’elle m’avait bien assez embêtée et que j’avais eu mon compte.
Par contre, qu’est ce que j’avais froid ! C’était ça, qui me tenait éveillée, depuis des heures. Et ce n’était pas faute d’avoir enfilé tout un tas de couches de vêtements sur moi. Ça, plus les 4 épaisseurs de couvertures en laine et le couvre-lit à froufrous imitation satin de mauvais goût qui était sagement posé sur chacun des lits.
Mais rien à faire, je grelottais, essayant d’enfouir mon corps au maximum sous la laine, laissant une petite partie de mon museau à l’air, suffisamment pour pouvoir respirer convenablement : fallait quand même pas me priver moi-même d’oxygène en me cachant entièrement ! L’altitude s’en chargeait déjà bien assez pour nous, merci bien !

3h45.

J’entends Marie qui se lève, qui se mange les barreaux de mon lit en bois dans les jambes, qui peste un peu sans entrain, puis qui ouvre la porte de la chambre pour partir en direction des toilettes. D’un coin de l’œil je vois Steven, dans le lit d’à côté, qui se retourne une énième fois.

4h.

Marie revient, regagne son lit, s’allonge… et commence à gémir. Doucement, au début, puis de plus en plus fort. J’entends Juliette qui intervient : qu’est ce qu’il y a Marie, ça va ? Qu’est ce qui se passe, pourquoi tu cries ?
« Ça va pas du tout, je suis super mal, ça va vraiment pas ».

Et c’est là que le cauchemar a vraiment débuté. À 4h du matin, à 4400 m d’altitude, perdus dans le désert d’Atacama au fin fond de la Bolivie, au milieu de la poussière, là où même les lamas font la gueule.

Marie hurle. Marie pleure. Marie a mal. Elle a vraiment « putain de mal ». Une douleur intense qui lui a saisi le bas du dos et du ventre. Une douleur insoutenable, tellement qu’elle en vomit de douleur.
Cette fois ce n’est pas l’altitude. Rien à voir.
Elle a tellement mal qu’elle ne peut plus bouger, à peine parler. Je m’extirpe des couvertures et me lève, j’approche, elle essaie de nous expliquer sa douleur, l’endroit exact. Mais c’est difficile, c’est interne, qu’elle nous dit, c’est diffus, qu’elle soupire, c’est atroce, qu’elle glapit dans un souffle.
On s’interroge, on s’inquiète : est-ce que tu as déjà eu l’appendicite ? Non, jamais, mais elle a déjà fait deux fausses crises qui l’ont conduite à l’hôpital lorsqu’elle était plus jeune.

Putain de merde.

Et si c’était une péritonite !??

Juliette reste assise sur son lit, au chevet de Marie, complètement perdue. Elle bat des mains comme un oisillon paniqué, ne sachant absolument pas par quel bout démêler la situation, totalement désemparée devant la douleur de son amie.
Steven, dans son lit, reste silencieux, en proie à sa propre douleur, quoique non comparable.

« Viens Juliette, lève-toi, on va réveiller les gens, notre guide, n’importe qui, faut faire quelque chose là, on peut pas attendre plus longtemps ! »
Juliette reste interloquée, 1 seconde s’écoule, une longue longue seconde, puis elle se redresse, me suit hors de la chambre. J’ai besoin d’elle, elle parle espagnol, il faut qu’elle m’aide à leur expliquer. Et à deux on aura plus de forces.

4h15.

Hors de la chambre, dans le grand couloir, tout est sombre. Seuls les sanitaires sont allumés, et on y entend deux nanas en train de se laver les dents, comme si c’était une heure tout à fait raisonnable pour penser à être propre.
On frappe à la fenêtre intérieure de la cuisine où l’on entrevoit une petite femme bolivienne en train de s’affairer à la cuisine, probablement en train de préparer le petit déjeuner qui suivra. Elle ouvre la vitre, nous regarde pendant que l’on tente de lui résumer la situation, de lui expliquer la gravité.
Gros blanc. On sent qu’elle a l’air absent, l’esprit tout à sa tache de cuisinière, et que les états-d’âme de deux étrangères n’est pas très excitant. « Encore ces satanés touristes et leur mal de crâne », qu’elle doit se dire, à l’intérieur de son cerveau mal oxygéné.
Elle finit par lâcher : « Ah mais on ne peut rien faire là, il est 4h du matin, il est trop tôt. Il faut attendre l’heure de partir. L’hôpital le plus proche est à Uyuni, et c’est à 6h de 4×4 d’ici ! ».

…Pardon !?

Vous avez déjà essayé de vous agacer dans une langue étrangère ? Je peux vous garantir que ça ne ressemble à rien et que ça donne une discussion franchement ridicule, un mélange grotesque d’espagnol, d’anglais et de français : « Pero no !!! No podemos attendre bordel de merde ! Es posible que tiene una apendicita ! Muy peligroso ! She need to ir al hospital ! RIGHT NOW ! »
La bonne femme reste étonnamment calme, totalement désintéressée par la situation, son torchon à la main et sa pâte à crêpe dans l’autre, à des années lumières de la douleur de Marie.
J’envisage de la secouer comme un avocatier bolivien mais elle s’approche de la chambre d’à côté où dorment les guides de chacun des groupes et frappe à la porte pour réveiller Raoul, notre guide.
Toute cette scène dure à peu près 5 minutes mais dans ma tête le temps s’allonge. Pas le temps de stresser ni de paniquer, il faut agir vite, expliquer vite, chaque seconde compte s’il s’agit d’une appendicite ou de quoi que ce soit d’autre de grave.

Raoul s’étonne, à moitié réveillé, mais devant les explications espagnoles de Juliette il comprend la gravité de la situation. Parfait, voilà donc quelqu’un de réactif ! « Attendez, je reviens ! », lance-t’il en s’engouffrant dans la cuisine.

Et là le mec ressort avec une tasse fumante remplie de feuilles de coca.

Mais c’est une blague…. Dites-moi que c’est une blague !? Tu crois peut-être que tu vas opérer son organe avec ta plante verte, là !? Putain, Raoul, il faut l’emmener à l’hôpital, là, maintenant, tout de suite, tu balances ta flotte à la con dans l’évier, tu prends tes clés de 4×4 et on se casse !! Je la conduis ta jeep si tu veux pas le faire, je m’en fous je reste pas là une minute de plus avec une nana qui hurle à la mort dans la pièce d’à côté !!

Branle-bas de combat, on déboule dans la chambre : « Allez, on se barre ! Faites vos affaires, dépêchez-vous ! ».
Les deux Chiliennes se réveillent, totalement perplexes devant ce état d’urgence qu’elles n’ont heureusement pour elles, pas suivi. Raoul est intransigeant : si on doit partir, on doit le faire en groupe, on ne peut pas se séparer, c’est la règle, c’est l’assurance, c’est comme ça, c’est la Bolivie, là où même la logique s’est asphyxiée par manque d’air.
« Soit on s’en va à 6, soit rien du tout ».

Je fais le sac de Steven, qui traine la patte dans son lit, courbaturé comme s’il était en proie à une mauvaise grippe. Je fais le sac de Marie, je fais le sac de Juliette, je fais mon sac. Je ne réfléchis pas, je ne panique pas, je suis en pilotage automatique. Je ne pense même pas à enfiler de sous-vêtements tellement je suis prise dans l’immédiateté de la situation.

« Allez, vamos ! »

Uyuni

5h15.

Toute cette mise en scène et de tisane de verdure aura pris 1h15 avant qu’on ne grimpe tous dans la voiture, les sacs chargés sur le toit, dans la nuit noire.
On installe Marie à l’avant, une grosse couverture de laine sur elle, le siège allongé au maximum, le sac plastique à vomi dans les mains. L’entendre crier de douleur est quasi insoutenable, sans doute plus pour nous que pour elle, nous qui nous sentions sans le vouloir, responsables de sa vie, tenant sa santé dans nos mains engourdies par le froid.

« On va d’abord aller dans un centre de santé, à 2h30 d’ici », nous dit Raoul, lançant toutes les minutes des coups d’œil sur sa passagère. On sent qu’il est mal, qu’il est stressé, qu’il a enfin compris qu’il y avait véritablement un problème, totalement indépendant du mal des montagnes et qu’on ne pouvait pas soigner avec une tisane, aussi chaude soit elle.
Il est courageux Raoul. Il a peu dormi lui aussi, il est fatigué lui aussi, mais il conduit sans s’arrêter et avec prudence au milieu du désert de poussière interminable où il est le seul à connaître le chemin.
Bon dieu, mais comment il fait pour trouver la route ? C’est un putain de désert !! Et en plus il fait NUIT !

Juliette chuchote à Marie. Juliette tient le sac à vomi de Marie. Juliette rassure Marie, lui remet sa couverture quand celle-ci glisse, caresse ses cheveux, pendant que les deux Chiliennes tout à l’arrière terminent leur nuit et que Steven essaie de dormir, la tête posée sur la vitre où se forment des cristaux de glace, une couverture en laine posée sur nos 3 paires de jambes frigorifiées.

C’est là que j’en prends véritablement conscience. C’est un cauchemar. Un véritable cauchemar. On est coincé à 6h de voiture de la ville la plus proche, avec une nana qui va peut-être crever, à une altitude inhumaine dans un désert infini. Je suis fatiguée, Steven ne va pas bien non plus, et on a placé nos vies entre les mains d’un chauffeur bolivien qu’on ne connait même pas depuis 24h.

6h30.

Sur la route c’est à peine si on croise 2 autres 4×4. Le désert de sable et de terre de 100 000 km2 est tellement immense et aucune route n’est tracée, chacun roule où il veut et peut, se dirigeant grâce aux énormes montagnes qui nous entourent. Le soleil se lève petit à petit, révélant un décor à la fois affreux et magnifique.
On n’entend plus Marie depuis de longues minutes. Juliette me lance un regard, se penche vers elle et place ses doigts sur son cou pour sentir son pouls. Rien.
Elle pose ses doigts devant son nez, espérant sentir sa respiration.
C’est bon, ouf.

7h30.

J’observe la course de notre Toyota sur la map de mon téléphone. Béni soit l’invention du GPS.
Nous voilà arrivés dans un village, orgueilleusement appelé « Villa mar », un endroit comme on en trouve beaucoup en Bolivie : un ensemble de baraques en terre séchée, en pierres et en toits de tôle qu’un Larousse serait trop honteux pour définir comme un village. Toujours cette poussière qui vole au moindre pas, cette atmosphère sèche qui fait craqueler la peau et irrite les yeux, au milieu des chiens errants et des ordures.

Raoul gare la voiture en plein milieu d’une rue, devant une bâtisse minuscule avec du papier cadeau Bob l’Éponge sur les fenêtres, tellement délavé que les couleurs se sont évaporées.
« On est arrivé. Il y a un centro de salud, je vais aller chercher quelqu’un ». Ah bon, ben si « quelqu’un » va soigner Marie, tout va bien, heh !

Uyuni

Au bout de 15 minutes, une nana sans âge finit par sortir d’un bâtiment, après que Raoul ait couru partout, le téléphone sur l’oreille, passant d’obscurs coups de fils. J’imagine que c’est la médecin de Villamar et l’état d’insalubrité de la façade de centre médical me laisse légèrement inquiète : va-t’elle sortir de là dans un état encore pire qu’avant ? Avec en plus de son appendicite, une tuberculose ou une gastro ? D’ailleurs, est-ce-donc totalement raciste que de penser que cette dame là ne peut pas être compétente ?

Sortant de mes interrogations, Raoul ouvre la portière et nous dit d’envoyer Marie dans le centre, le médecin va s’occuper d’elle et décider en suivant s’il est impératif de la transférer à l’hôpital d’Uyuni ou non.
Juliette et moi la portons à l’intérieur du petit local, dans la pièce servant de cabinet médical, qui curieusement est plutôt propre. Elle lui relate la situation pendant qu’on l’allonge sur le lit. On lui explique que c’est peut-être une appendicite, ou peut-être un calcul rénal, qu’elle n’a pas beaucoup bu, voilà sans doute une bonne raison.

La dame est songeuse et propose de lui faire une injection intraveineuse d’anti-douleurs et d’antibiotiques, voire pourquoi pas d’eau bénite tant qu’à faire, au moins elle aura le package.

Juliette et moi sortons dans le couloir et nous asseyons sur un banc en bois abimé aussi fatigué que nous, et qui a dû lui aussi connaître un bon paquet de fesses frigorifiées.
« T’imagines, elle nous dit qu’il faut l’opérer de suite ? Genre là, dans ce cabinet ? Avec un scalpel rouillé et une perf’ de coca dans l’bras ? J’crois que si elle me dit ça j’fais un malaise… J’suis même pas sûre qu’elle soit médecin.. tu sais ce qu’elle m’a dit ? Que ça devait sûrement être un coup de froid qui lui avait bloqué les lombaires… » souffle Juliette, avec un demi sourire  en essayant de garder une contenance.
Je lâche un petit rire nerveux et la regarde à la dérobée. Elle est courageuse cette Juliette, et elle a été tellement patiente et douce avec Marie, pendant le transport. J’ai rarement vu ça, ça doit être un vrai cadeau de l’avoir comme amie, une vraie perle.
J’en suis là dans mes réflexions quand la « médecin » sort de la pièce et nous annonce que Marie s’est endormie mais qu’il faut qu’on la rapatrie quand même à l’hôpital le plus proche pour faire une échographie, « on ne sait jamais ». Ah bah oui, prenons nos décisions médicales sur du « on ne sait jamais », quelle belle idée !

C’est en sortant rejoindre les autres dans la voiture que Raoul nous annonce tout de go qu’il est temps de déjeuner.

Pardon !?

Tu crois qu’on a la tête à s’installer dans un réfectoire pour tartiner de confiture vos petits pains secs à la con et manger des bananes en discutant politique ?
Mais si, Raoul est très sérieux, et ce sont les consignes de l’agence : 3 repas par jour, que Dieu fasse !

Il nous amène alors dans l’endroit le plus what-the-fuck possible : une espèce de pièce où sont disposées des tables comme s’il s’agissait d’un restaurant, avec des petites nappes en toile cirée. Sur un côté de la pièce un comptoir avec des tas de machins à vendre, des cigarettes, des gâteaux, des bonbons, du shampoing et je ne sais trop quoi, comme un petit magasin de fortune. Une autre porte laisse entrevoir un matelas dans un coin, une chambre improvisée. Aucune fenêtre, du béton crasseux au sol, et installée dans un coin, une table est dressée pour le petit déjeuner, avec une assiettes de pancakes, de la confiture et un thermos d’eau chaude. Le tout irradiant de lumière comme s’il s’agissait de La Cène de De Vinci.

Mais… qui a bien pu installer ça ici !? Et à quel moment !?
Cette journée n’a décidément aucun sens. Aucun. Sens.

Les pancakes sont froids mais bons, avec du dulce de leche c’est plutôt chouette comme petit déjeuner, et nous mangeons l’ensemble des choses comme si cette situation était la plus naturelle du monde.
Les deux Chiliennes ont même acheté un paquet de gâteaux, probablement au vendeur fantôme et invisible qui se tient derrière le comptoir du minuscule shop.
J’y comprends rien mais c’est pas grave, j’ai faim. Le cauchemar se transforme alors en doux rêve, les yeux fermés et la bouche pleine de pâte cuite et de confiture de lait.

Uyuni

9h.

Marie va mieux, elle a un peu dormi, elle marche même toute seule jusqu’à la voiture où elle s’allonge de nouveau, complètement shootée par la sainte morphine qu’on lui a injectée. Coca et opiacés, le joyeux cocktail bolivien qui rend le sourire aux mourants.

Allez, direction Uyuni, plus que 3h30 de voiture !

Et attendez donc que je vous parle de l’hôpital, vous allez bien rigoler…

UyuniCoucou ! C’est moi l’hôpital, lol bisous.

Vous imaginez une bouteille d’eau en plastique qu’on coupe en deux ? Bon. Ensuite imaginez que dans cette moitié de bouteille d’eau, hop, vous faites votre petite tambouille de médocs, lalalaaaa que je te verse un peu de ci et un peu de ça. Et ensuite un petit tuyau qui part de là juuuuusque dans le bras de Marie.
Voilà, vous avez la perfusion bolivienne.

Uyuni Uyuni Uyuni

Épilogue

Suite à notre arrivée à Uyuni, Marie a passé toute la journée à l’hôpital d’Uyuni et a pu rentrer le soir même dans un hôtel payé par l’agence de trek avec laquelle elles étaient parties.

Depuis cette aventure elle va mieux. Les filles sont rentrées à Santiago quelques jours après pour voir un spécialiste français et comprendre ce qu’elle a (et qui s’avère probablement un calcul rénal).
Si la douleur était vraiment insoutenable pour elle, heureusement ce n’était ni une appendicite, ni une péritonite et cela n’a heureusement pas nécessité d’opération chirurgicale.

« Tout est bien qui finit bien », comme on dit. Hé bien non :


On peut au delà de cet article se questionner sur l’état du service médical en Bolivie, et de la difficulté des conditions de vie hostiles que sont la vie en altitude et loin des villes.

Les boliviens vivent majoritairement dans une pauvreté immense, et les services de santé (payants, me semble-t’il avoir compris) sont donc difficiles d’accès et avec des normes d’hygiène différentes des nôtres.

Beaucoup de femmes meurent en couche, parce qu’elles sont isolées, qu’il y a peu de personnel médical ou que tout simplement elles n’ont pas les moyens de se payer des soins.

Je n’irai pas plus loin pour ne pas dire des banalités, mais je vous laisse y penser, vous questionner, vous indigner, vous attrister.


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22 Comments

  1. un curieux

    Quelle histoire ! Ça a dû être affreux à vivre

  2. Orianne

    Bonjour Pia,

    Je viens de finir ton récit que je trouve effectivement très dur, non seulement l’histoire mais aussi dans ta manière de décrire la Bolivie et ses habitants.
    Je suis au Chili depuis presque 6 mois, et suis moi aussi effarée de voir dans quelles conditions les gens peuvent vivre ici (la crasse, les chiens errants, les drogstores à l’arrache..). Mais je te trouve bien dure avec les Boliviens. Ces gens vivent dans une autre réalité que la nôtre, européenne, ils peuvent tout perdre du jour au lendemain, leur maison, leur argent, mais aussi leur vie. Tu décris un climat très dur dans le désert, aussi je comprends que ces gens aient amoindri leur sensibilité par rapport à la mort et aux maladies, de par leur isolement. Mais enfin, où que tu ailles en Amérique latine tu trouveras des gens accueillants et prêts à t’aider avec le peu qu’ils ont! Et c’est une chance! Alors oui, heureusement que l’état de Juliette n’a pas nécessité une intervention chirurgicale, oui les conditions sanitaires ne sont pas les meilleures, mais ne sois pas aussi dure parce qu’ils n’y peuvent rien. Beaucoup aimerait profiter des conditions de vie telles que les nôtre, ils n’ont juste pas eu cette chance et n’auront sans doute jamais les moyens financiers où professionnels pour traverser l’océan.
    Bonne journée!

    • Hello Ori ! Je suis entièrement d’accord avec toi !
      Si j’ai été dure c’était pour retranscrire au mieux ce que j’ai ressenti au moment de cette histoire, et mes ressentis étaient ceux d’une européenne habituée à voir à ce moment là uniquement avec mon prisme, dans une situation de danger, ce qui donne ce total manque d’objectivité.
      Avec le recul quand on sort d’une telle situation, on relative et on voit les choses différemment, mais je voulais garder le ton qui correspondait à l’instant T.
      Et puis en plus, Raoul a été top, vraiment, et ça je le dis
      À la fin j’ai fait un tout petit paragraphe pour ouvrir le champs, justement 🙂

  3. Sandrine

    Bonjour Pia ! Si tout le monde te trouve dure avec la Bolivie et bien moi je trouve ces commentaires durs avec toi !!! Je n’ai pas du tout été choquée par tes propos, bien au contraire, j’ai même bien rigolé à certains moments et je trouve ta façon d’écrire toujours très plaisante. Il est normal d’être choquée lorsque l’on vit ce genre de mésaventure, la peur que l’on ressent pouvant même faire naitre en soi une certaine colère face à des conditions de soin déplorables … Pas seulement pour nous mais aussi pour le peuple sur place, cela nous rappelle la chance que nous avons les Occidentaux. Donc voilà, c’est juste le récit de ce que vous avez vécu à instant T sans langue de bois et qui nous rappelle au passage que le voyage c’est génial mais que tout peut très vite basculer lorsqu’il y a un soucis de santé dans un pays comme celui-ci. Merci pour tous tes partages pendant votre tour de monde et bonne continuation !!!!! Signé : une voyageuse croisée sur un bateau à Gili Meno 😉

    • Hello Sandrine !
      Merci beaucoup pour ton commentaire qui me montre qu’il y a bien des gens qui ont compris ce récit et sa portée : non pas de critiquer la Bolivie, ce qui n’était pas du tout le propos, mais de relater un instant T, effectivement !
      Puis comme vous nous suivez depuis quelques temps, c’est vrai que c’est plus facile pour toi de situer le récit dans son contexte, et puis tu connais ma façon d’écrire :p
      J’espère que vous allez bien en tout cas tous les deux !

  4. Audrey

    Salut les voyageurs!
    Wou!!! Et bien quelle histoire! On est soulagé d’apprendre que Marie va bien et qu’elle n’est pas repartie avec le Typhus! Hé hé! j’en rajoute une petite couche pour les commentateurs précédents! 😉
    Je n’ai pas ressentis de mépris dans ton texte, mais je peux tout à fait comprendre que dans de telle circonstances de peur, de panique, devant l’inconnu, la barrière de la langue… On fasse abstraction de nos beaux préceptes sur les différences culturelles, et du coup on se prend en pleine face des contrastes que vous n’auriez jamais eu à découvre si Cette situation particulière ne s’était pas présentée!
    Je suis certaine qu’à la prochaine occasion ( je ne vous le souhaite pas!) vous appréhenderez l’aventure différemment…. Un peu comme une sorte de (triste) habitude…. En tout cas dans tout ce malheureux récit, j’ai quand même rigolé un peu (non je ne suis pas coutumière de rire du malheur des gens…) mais justement parce que j’ai pu lire l’humour et le sarcasme (léger) de l’auteur entre les lignes!
    Et bravo Pia pour ta ligne de conduite irréprochable et inaltérable face aux critiques pas toujours très justifiées!

    • Coucou Audrey ! Merci pour ton commentaire, je suis soulagée que tu aies pu rire et que mon message soit passé de la bonne manière !
      Effectivement, sous le joug de l’émotion et du danger, toutes nos valeurs partent en cacahouète et on frôle l’hystérie !
      En tout cas le principal étant que Marie va beaucoup mieux (même si son calcul est toujours présent) et qu’elle est rentrée à Santiago sans typhus et sans choléra (haha) !
      J’avais déjà eu l’expérience d’un hôpital dans une situation un peu wtf, dans un hôpital souterrain de l’aéroport à côté de la Mecque, et même si c’était aussi complètement le bazar, j’avais rien calculé, étant super mal ! Mais je pense que si j’avais été avec d’autres français ils auraient dit « mais qu’est ce que c’est que cet hosto ???? ».. Comme quoi, tout dépend de quel côté du médecin on se trouve, haha !

      Des bisous à toi et à ton homme <3
      (et à bientôt dans les Pyrénées, héhé)

  5. Personnellement j’ai aimé cet article que je trouve certes cash, mais honnête et spontané. Une sacrée histoire et une situation compliquée, d’autant plus dans de telles conditons.
    Un blog reste un endroit conçu pour donner son avis et sera toujours un espace d’expression personnelle quoi qu’il en soit. On est pas là pour dire ce que les gens veulent entendre, mais pour coucher sur papier nos émotions et ressentis sur des expériences ou moments qui nous ont marqués. Chacun est libre d’y adhérer ou non, puisqu’encore une fois il s’agit d’un point de vue personnel.
    J’aime beaucoup ton style et ta « plume » franche et drôle.

    • Coucou Théodora ! Merci pour ton commentaire, ça me fait bien plaisir que tu l’aies lu et que le style ne t’ai pas outrée comme cela semble être le cas pour beaucoup…!
      Effectivement, un blog cela sert à dire ce que l’on ressent, surtout pour ce type d’articles qui relate une expérience purement personnelle et qui ne risque pas d’arriver à tout bout de champs !
      Merci de me lire en tout cas, je suis bien touchée que ma « plume » te plaise, ça m’encourage à continuer d’écrire 🙂
      Passe une bonne journée !

  6. LECORCHE

    Bonjour à vous Pia !
    Nous venons de lire avec un grand intérêt l’article sur le cauchemar vécu dans le désert. Merci d’avoir soutenu Juliette et Marie (notre fille). Votre récit nous a permis de mieux comprendre le déroulé et l’intensité de la situation. Mille mercis à vous. Bon vent dans la suite de vos aventures atour du monde.

    • Bonjour Philippe ! J’espère que le récit ne vous a pas trop affolé, c’était quand même un peu romancé malgré tout…! En tout cas vous pouvez être fier de votre fille, elle a été forte et patiente !
      Je suis sûre que n’importe qui dans notre situation l’aurait aidée et soutenue, donc c’était évidemment la moindre des choses que de le faire pour elle.
      Bonne soirée à vous et merci pour ce commentaire !

  7. Hello Pia!
    Quel récit ! J’ai pris du plaisir à le lire du début jusqu’à la fin, tellement c’était captivant et inquiétant. J’ai aimé la forme, le fond malgré tout. Contrairement aux autres commentaires négatifs, je n’ai pas perçu du mépris ou que sais-je. On ressent bien les émotions à l’instant T, vu la situation que vous avez vécu, pour ma part, ça me semble tout à fait compréhensible (j’avoue même avoir rigolé à certains passages) et ça ne se contrôle pas avec en prime ces conditions.
    Heureusement tout s’est bien fini.
    Bonne route !

    • Coucou Stéphanie ! Merci d’avoir tout lu et surtout d’avoir apprécié, c’est bien ce qui me fait le plus plaisir 🙂 J’ai essayé de retranscrire le mieux nos émotions et dialogues pendant ce moment, d’où les pétages de câble et l’absence de politesse (hmm hmm^^) qu’on peut voir à certains moments…!
      Au final, Marie s’en est sortie avec tous ses organes intacts, et c’est tout ce qui compte^^
      Bonne soirée à toi et au plaisir de te revoir sur notre blog 🙂

  8. Pauline

    Salut Pia,
    J’ai lu ton article avec intérêt et très impatiemment, jusqu’à la dernière lettre. Je comprend très bien ta manière de raconter et n’ai pas du tout été choquée.
    J’ai aussi voyagé pendant de longs moi en Asie et même par là bas, les centres médicaux laissent à désirer!!
    Quelle histoire, merci 😉

    • Coucou Pauline ! Merci pour ton commentaire et d’avoir lu l’article jusqu’au bout du bout ! 🙂
      Effectivement, je n’ai pas testé les centres asiatiques mais j’imagine que ça doit aussi être quelque chose…!

  9. Salut Pia!

    Je viens de découvrir ton blog et je suis vraiment sous le charme de ta manière d\’écrire. En fait cet article m\’a vraiment surprise, dans la mesure où sur les blogs de voyage on lit rarement des témoignages aussi \ »franc du collier\ » et ça fait vraiment du bien…On a l\’impression d\’avoir vécu cette mésaventure avec toi, sans filtre pour lisser la chose. Merci pour cette fraîcheur et cette dose d\’inspiration!

    • Merci beaucoup Estelle ! C’est vrai que cet article a fait beaucoup débat par rapport à cette façon d’écrire justement, qui est vraiment « à chaud », mais je suis contente que ça t’ai plu 🙂 J’essaie justement de ne pas faire de complaisance, c’est, selon moi, le principe d’un blog que de donner son avis subjectif.
      Merci en tout cas d’avoir lu 🙂

  10. Quel récit palpitant !! Je suis heureuse d\’apprendre que tout s\’est bien terminée pour tout le monde ! J\’imagine comme tu as dû te ressentir, l\’impression de vivre un cauchemar,que c\’est trop moche pour être vrai (je sais de quoi je parle, j\’ai ressenti la même chose le jour où j\’ai eu un accident de voiture assez important lors d\’un road-trip aux USA, même si les conditions sanitaires n\’étaient pas du tout les mêmes !).
    Et j\’ai beaucoup aimé ta façon de raconter ! J\’ai lu les autres commentaires et justement, je ne trouve pas du tout que tu sois hautaine envers le système de santé en Bolivie, au contraire, tu exprimes bien ton effarement face à ces conditions et le fait que ce soit inadmissible que des gens puissent vivre ainsi, sans aide, et puissent mourir parce qu\’ils n\’ont pas pu être assistés… Ton article m\’a fait ouvrir les yeux sur tout cela, sur le fait qu\’il y ait encore beaucoup de progrès à faire dans ces pays !

    • Oui elle a eu de la chance que ce ne soit « que » un calcul !! C’est vrai que vivre une telle mésaventure aussi loin de toute forme de ville c’était super stressant…! Heureusement que notre guide a été réactif et courageux de nous entraîner tous à 6h de route…
      Merci en tout cas de ton commentaire et je suis contente que l’article t’ai plu 🙂
      J’ai eu pas mal de réactions négatives suite à cet article et j’avoue ne pas trop avoir compris ces retombées, mais ça me rassure de voir que tu as saisi la portée du message 🙂

  11. Je tombe tout à fait par hasard, et sur cet article en premier : quelle plume ! J’ai adoré te lire, c’est tellement palpitant, et aussi plein d’humour, car même si je me doute qu’à chaud ça a du être difficile, avec le recul tu as su intégrer des anecdotes rigolotes !
    Je rentre tout juste de quelques mois en Asie avec mes enfants, et j’ai déjà hâte de repartir quelques mois, pour visiter l’Amérique du Sud : voilà pourquoi j’ai atterrit ici ! Et tu m’as donné encore plus envie : merci !

    • Hello Margaux ! Merci pour ce commentaire, je suis ravie que ma façon d’écrire te plaise et bienvenue parmi nous sur le blog 🙂
      Comment s’est passé ton voyage en Asie ? Tu as fait quelles destinations ?
      à bientôt 🙂
      Pia

  12. Et ben, on part mardi faire le tour de 4 jours, je me demande si je vais pas essayer d’extraire la cocaïne de ms feuilles de coca avant d’y aller !

    • Hahahha, franchement si t’arrives à te créer un p’tit labo de chimie dans le 4×4 pour faire ça, FAIS LE, ça te sera bien utile pour dormir !

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