Une île préservé, pas de route, des plages de sable plus blanc que blanc, des eaux turquoises… Bienvenue à Koh Rong Samloem

Koh Rong Samloem, une île encore préservée

Koh Rong Samloem

Nous sommes arrivés à Koh Rong Samloem un peu par hasard, parce qu’on nous l’avait conseillé lors de notre séjour à Happy Chandara. On nous avait dit qu’entre elle et sa sœur Koh-Rong-tout-court, on y serait plus tranquilles car beaucoup moins festif. Bon, parfait, une petite île peu fréquentée en basse saison, c’est exactement ce qu’il nous fallait.

C’est donc en partant de Phnom Penh pour aller à Sihanoukville, puis en prenant un fast boat (20 $ par personne l’aller-retour en open ticket, environ 1h de traversée) au port de Sihanoukville que nous avons déposés nos sacs sur l’île.

Koh Rong Samloem

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Oh surprise ! C’est magnifique !

Du sable plus blanc que la plus blanche de tes copines, une eau transparente avec des dégradés du bleu clair au turquoise, agitée seulement par les remous de nos pieds marchant le long du bord. Et un calme ! Personne à l’horizon et à l’ouest, rien de nouveau.
Ok, tu voulais être tranquille, c’est fait !

Arrivés au bout de l’embarcadère, un long pont en bois de bric et de broc, un cambodgien nous attend en tenant une pancarte où est gravé le nom de notre guest house : Paradise Villas. Oui, comme dans les aéroports. La classe ou pas !?

Koh Rong Samloem

Koh Rong Samloem
Il nous amène jusqu’à un petit bateau à moteur avec lequel nous partons en direction de l’autre bout de la longue plage de plusieurs kilomètres (Saracen Beach) et où se trouve notre bungalow. Pour vous situer le contexte : il fait extrêmement chaud et il n’y a absolument pas d’air (je vous dis ça pour que vous ayez moins de jalousie, c’est quand même sympa de ma part).
Arrivés à la réception, nous faisons la connaissance de Christina, jeune fille croisée avec un pays exotique, des dents ultra bright, des beaux yeux, des beaux cheveux et tout le tintouin. Elle nous accueille avec un verre d’un liquide non identifié, à base de jus d’ananas et d’eau pétillante probablement, mais qui a le mérite d’être bon et rafraichissant.
Après avoir rempli l’habituel formulaire avec nos noms, prénoms, numéros de passeport, dates de naissance, groupe sanguin, couleurs préférées, noms de jeunes filles de nos arrières-grands-mères (destinés à nous identifier en cas de mort prématurée dans des circonstances douteuses), Christina La Belle nous amène à notre bungalow, que nous payons la modique somme de 20 $ la nuit, soit deux fois plus cher que nos guest habituelles.

C’est comme ça sur Koh Rong Samloem : tout est cher.

Le bungalow est plutôt mignon, avec un hamac et deux canapés sur la petite terrasse, un lit double avec moustiquaire et un petit lit faisant office de penderie-de-steven, ainsi qu’une salle d’eau privative et une poignée de geckos qui miaulent dans les recoins de la pièce (paraît que c’est bon d’en avoir, « ça mange les moustiques »).
Et aussi le fameux balais aux poils qui tombent, mais indispensable pour enlever ce sable tellement fin (je vous assure : de la farine. Non, je ne dis pas ça pour vous faire rager) qu’il s’insinue partout, jusque dans les draps. L’allié ultime pour un séjour à la plage.

La guest house, elle, est tenue visiblement par Princesse Christina et son amoureux, un jeune allemand vivant torse nu et aimant se balader sur sa remorque motorisée en écoutant Rammstein. Il y a aussi dans le tas son papa, qui lui a l’air nettement plus communicatif, mais qui a l’air de tenir le resort sur l’île d’en face (ce ne sont que des suppositions faites grâce à des observations minutieuses. Je vous le dis, à Koh Rong Samloem il n’y a pas grand chose à faire).

Koh Rong Samloem

À Koh Rong Samloem, la seule chose que vous allez pouvoir faire c’est barboter dans l’eau claire, boire des « fruits shakes » et attendre que le temps passe en fermant les yeux allongés dans un hamac. En clair, la vie est douce et tranquille, les touristes peu nombreux (surtout au mois de mai, faut bien le dire) et il n’y a pas de gros bars festifs balançant leur full moon party sur les bancs de sable.
C’est le moment aussi pour vous plonger dans vos livres laissés de côté, ou pour écrire vos mémoires.

Nous en avons d’ailleurs profité pour piquer deux livres en français dans une mini bibliothèque (en vrai elle ne mérite pas du tout cette appellation, c’est seulement une quinzaine de livres mouillés et moisis par l’humidité constante posés les uns contre les autres sur une planche de bois, mais l’air marin me rend follement positive, vous voyez) : un Fred Vargas (L’homme aux cercles bleus) et un Douglas Kennedy (l’homme qui voulait vivre sa vie). En échange, j’y ai déposé mon livre terminé en route, totalement de circonstance car se passant en grande partie en Asie : Peste et choléra de Patrick Deville.

Koh Rong Samloem

 

Si vous voulez avoir un peu plus d’air, de vagues et de fond dans l’eau, prenez 14 bouteilles d’eau et partez de l’autre côté de l’île, sur Lazy beach. Ici nous étions encore plus seuls au monde, il y a de petites vagues sympas, de l’ombre et quelques coquillages même si la plage est moins photogénique.

Avant de venir, pensez à retirer de l’argent car il n’y a pas d’ATM sur l’île !
D’ailleurs, selon l’application Maps Me (application indispensable à télécharger, elle vous permet d’avoir les cartes du pays et ka géolocalisation sans avoir besoin d’internet) elle n’a que 5 chemins balisés au milieu de la jungle, tout le reste n’est que sable et forêt ! Pas de route, pas de bitume.

Pour l’anecdote, en arrivant le premier jour, Steven a demandé à Christina la belle si on pouvait louer des vélos. Après nous avoir regardés l’espace d’une seconde l’air complètement décontenancé, elle a éclaté de rire en nous disant que non, personne sur l’île ne louait de vélos. Effectivement oui, va pédaler sur le sable, tiens, gros malin !

Koh Rong Samloem

Certaines guest, comme c’était le cas pour la nôtre, n’ont d’ailleurs pas l’électricité toute la journée : nous ne l’avions que de 18h à 6h, autant vous dire que la journée sans ventilateur était vraiment dure. J’ai vu que certaines possédaient des panneaux solaires et avaient donc l’électricité toute la journée. Renseignez-vous avant, si cela vous pose problème.

Pour manger à Koh Rong Samloem, vous n’avez pas l’embarras du choix : l’île n’ayant que très peu de resto ou de guest, et comme tout est relativement cher (aucun plat à moins de 5 $), vous faites vite le tour des denrées alimentaires, surtout qu’il n’y a pas de market, à part un pauvre petit kiosque dans un bar au bout de l’île vers l’embarcadère.
Nous mangions tous les jours dans le resto de notre guest, qui est bon, sauf une fois où nous avons testé un italien  « Cita ».

Koh Rong Samloem

Pour l’anecdote, et pour vous dire à quel point Koh Rong Samloem est encore préservée : un matin nous avons voulu partir découvrir une autre plage, tout à l’ouest de l’île. Nous avons marché sur des routes pourries en tong au milieu de la jungle pendant une bonne heure, en se disant que franchement j’espère que ça vaut le coup d’avoir chaud et de galérer sur les cailloux, et qu’on aura une belle plage !

Hé bien, arrivés au bout du chemin : le néant.

Une plage crado avec une bonne poignée de déchets rejetés par la mer, deux bateaux échoués sur le sable et un peu plus loin, une baraque habitée par un homme bedonnant avec ses 3 oies et ses 10 canards. Et c’est tout.
C’est d’ailleurs tellement tout que nous voyant de la porte de sa maison, réfugiés sous un arbre à l’abri de la pluie qui venait finalement de tomber, le pêcheur au gros ventre est venu vers nous, s’est assis dans son hamac et a essayé de rentrer en contact avec nous, visiblement nimbé d’un ennui mortel.
Lui ne parlant ni l’anglais ni le français, et nous ne parlant pas non plus le Cambodgien, autant vous dire qu’après s’être donné respectivement le nom de l’oie et du canard dans chacune des trois langues, la conversation a vite tourné court. On s’est donc tous trois retrouvés fort gênés, sans savoir vraiment quoi se dire et surtout comment.
Dans un profond désarroi et voulant stopper ce malaise général, nous avons donc décidé de rentrer au bungalow, à peine 10 minutes après être arrivés (et surtout après tout ce chemin…!).

Koh Rong Samloem

Koh Rong Samloem

 

Je ne sais comment sera cette île dans 10 ou 20 ans, mais j’imagine qu’elle sera sûrement remplie de resort et qu’on y trouvera probablement la même ambiance qu’à Koh Rong.
Si vous avez envie d’une petite retraite paisible sur une île douce et paradisiaque, pour buller, bouquiner et vivre au rythme du soleil, alors cette île est faites pour vous.
(pour info nous y étions fin mai, je ne sais pas comment est l’ambiance de l’île en haute saison).

Alors profitez-en pour aller y faire un tour avant qu’elle ne change du tout au tout…!

 

Koh Rong Samloem

koh-rong-samloem-island.com

 

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9 Comments

  1. Cambodgien metisse je suis ravi de decouvrir mon pays au travers de vos mots, votre humour et votre passionante épopée ! Vraiment bravo a vous ! Si vous passez un jour par l ardeche au detour d un vol soyez les bienvenues dans mon humble deumeure.
    Marc

    • Bonjour Marc, merci beaucoup pour ce commentaire et nous sommes ravis que nos articles vous rappellent votre magnifique pays. Avec plaisir pour l’Ardèche, c’est un petit trésor, encore plus quand on aime les randonnées comme nous !

  2. Bonjour, Très intéressant votre article sur Koh Rong Samloem. Nous pensons y aller l’été prochain lors d’un séjour au cambodge. Nous pensions y rester 4 nuits mais au vue de vos commentaires je pense que 3 nuits donc 2 jours pleins sur place sont suffisantes non?
    Merci d’avance pour votre avis sur une durée raisonnable sur l’ile.

    • Bonjour Anne
      C’est vrai qu’il n’y a rien à faire sur l’île à part prendre le soleil et bouquiner, donc tout dépend de ce que vous recherchez pendant ce voyage et du temps que vous avez pour vos vacances. Si vous voulez notre avis, je dirai que 3 nuits sont suffisantes, car il y a plein d’autres choses à faire au Cambodge 🙂
      Bon voyage à vous !

  3. Kuentz Séverine

    Bonjour,
    Merci beaucoup pour votre article qui m’a beaucoup plu.
    Nous partons au Cambodge en février/mars prochain et nous voulions également nous arrêter à Koh Rong Samloen pour sa tranquillité justement.
    Savez-vous si le snorkelling y est intéressant ? Nous somme partis en Malaisie l’année dernière et nous avons adoré pouvoir observer des tonnes de poissons multicolores et des tortues simplement en faisant quelques pas dans une eau turquoise … Merci beaucoup pour votre retour !

    • Bonjour ! Nous en avons fait un petit peu sur l’île, mais c’était pas terrible à ces endroits là.. Par contre il y a peut-être possibilité de faire un boat trip et de partir plus loin de la côte sur des spots plus intéressants. Nous n’en avons pas faits en tout cas à cet endroit là, ça ne vaudra pas les Perhentians, si c’était là que vous étiez.

  4. Séverine

    En effet, nous étions aux Perhentians… Merci beaucoup pour les infos, on ira quand même y passer quelques jours je pense, juste pour se poser !

    • Profitez bien, la grande plage est tellement belle, avec ses hamacs et son eau turquoise que même sans poissons je suis sûre que vous passerez du bon temps !
      On attend votre retour d’expérience avec impatience

  5. pierre

    Bonjour,actuellement je suis sur koh rong samloen , plage de sable blanc oui mais malheureusement la plage est pleine de détrituts, plastiques, brosses à dents verres en plastique et j’en passe, pour trouver une belle plage il faut traverser l’île à pied pour se retrouver sur lazy beach ,là oui la plage est belle et propre.
    attention il faut y aller à pied car si vous arrivez en bateaux on vous refuse l’accéder à la plage .En fait il faut aller du côté de l’île qui est sous le vent. Cette île ne fait pas partie des plus belles îles que j’ai vu, d’autres notamment en Malaisie sont plus belles et plus sauvages.la Thaïlande aussi à de très beaux coins .

    • hello Pierre, nous sommes bien tristes de lire ça car lorsque nous y étions il y a plu d’un an la plage était absolument ravissante, autant la plage principale que celle de l’autre côté où il y a plus de vagues. Décidément, les endroits que nous avons vus l’an dernier sont de plus en plus atteints par le tourisme dégradant !

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